Auteurs : TERMOZ Nicolas – Maître de conférence • Equipe Offre Prévention de la Mutualité Française

Bien que les bienfaits de l’activité physique régulière sur la santé en général et chez les séniors en particulier ne soient plus à prouver, la proportion de personnes de cette catégorie d’âge qui atteignent quotidiennement les recommandations internationales reste très faible. Ce dossier résume les principaux intérêts de pratiquer une activité physique après 65 ans et propose quelques activités physiques en fonction des capacités et préférences de chacun.

Quel est l’intérêt de l’activité physique pour les séniors ?

« Ajouter de la vie aux années plutôt que des années à la vie ! » ; tel pourrait être le principal intérêt à pratiquer une activité physique après 65 ans.

En effet, pratiquer une activité physique quotidienne permet d’améliorer plusieurs dimensions de la santé[1] et d’améliorer sa qualité de vie.

Impact sur la dimension physique

Au niveau cardiovasculaire, elle améliore la circulation sanguine en diminuant la pression artérielle et limite ainsi les risques d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). De même, en augmentant plusieurs composantes de la condition physique telles que la force ou la flexibilité, elle permet de maintenir une bonne indépendance fonctionnelle et réduit le risque de chutes (de plus de 30 %) et de fractures. Une pratique régulière d’activités telles que la marche permet aussi de renforcer le système musculosquelettique et de lutter contre l’ostéoporose et d’autres pathologies ostéo-articulaires. Elle a en outre une action positive au niveau métabolique et cardiorespiratoire et permet donc de limiter l’obésité, le diabète et toutes les maladies pulmonaires. Enfin, elle est de plus en plus préconisée dans le traitement de certains cancers et dans certaines maladies neurologiques.

Impact sur les dimensions cognitive et mentale

La pratique d’une activité physique régulière a également un impact au niveau cognitif et mental. En effet, une activité physique, même modérée, a un rôle positif sur le métabolisme du cerveau et peut donc limiter le déclin cognitif et le développement, par exemple, de la maladie d’Alzheimer. D’autres récentes études ont également proposé un lien entre l’activité physique et le maintien de ressources cognitives ou le risque de démences. Enfin, plusieurs études ont rapporté qu’une pratique d’activité physique régulière d’intensité faible à élevée pouvait réduire le risque d’apparition d’épisodes dépressifs majeurs et l’exercice est désormais envisagé comme une alternative thérapeutique sérieuse, dans le cadre d’interventions non médicamenteuses (INM).

Impact sur la dimension sociale

Bien qu’une récente revue systématique n’ait pas démontré d’impact significatif de l’activité physique sur le soutien social ou l’isolement, elle observe néanmoins un effet sur le fonctionnement social des séniors, en favorisant l’estime de soi et la conscience de sa propre valeur.  Quoiqu’il en soit, se retrouver dans le cadre d’une association, d’un club ou bien entre amis pour faire une activité physique est source de convivialité, d’échanges et de partage d’émotions.

Pour toutes ces raisons, l’activité physique est un moyen précieux pour améliorer la qualité de vie.

[1] Selon la constitution de l’OMS, « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » https://www.who.int/fr

Quelle(s) activité(s) physique(s) choisir quand on est sénior ?

Avant de choisir une activité physique, il convient de se poser un certain nombre de questions : Préfère-t-on la pratiquer seul ou en groupe ? En salle ou en plein air ? Aime-t-on le défi personnel ou bien la compétition ? Quelles sont encore nos ressources et nos limitations ? et enfin, qu’aime-t-on vraiment faire ? Cette dernière question est bien la plus importante. Elle est la garantie que la pratique sera vécue comme un moment de plaisir et favorisera la régularité, élément essentiel pour obtenir un bénéfice pour la santé.

Sur la base de toutes ces questions et des réponses que l’on sera capable d’apporter, le choix de la pratique se fera naturellement. Bien sûr, par mesure de sécurité, il convient d’en parler préalablement à son médecin et éventuellement de se faire accompagner par des professionnels tels que les enseignants en activités physiques adaptés (APA).